Trompettiste de génie, Miles Davis a traversé les périodes musicales pour alimenter le jazz et en bouleverser les codes.
En 1941, il devient musicien professionnel après avoir suivi des cours. En 1944, il obtient son diplôme de fin d'études. La même année, après quelques formations, Miles finit par se faire engager par le big band de Billy Eckstine où jouent Dizzy Gillespie et Charlie Parker, avec qui il va se lier d'amitié. En octobre 1945, Davis enregistre avec Charlie Parker: sa prestation contraste avec celui qu'on surnomme « Bird » et, du coup, Miles prend du galon. Il va jusqu'à enregistrer ses compositions personnelles puis profite de cet élan pour créer, enfin, son propre groupe. En 1948, il assure la première partie de Count Basie et se détache de Charlie Parker. En 1949, il part à Paris et rencontre les intellectuels de la rive gauche: Sartre, Juliette Gréco, Boris Vian... Miles Davis y fait forte impression.
En 1954, le trompettiste enregistre un disque qui marque la rencontre du hard-bop et du cool jazz: Walkin'. L'année suivante, il fonde un quintet qui va marquer les esprits avec, entres autres, le grand John Coltrane. En 1958, Louis Malle l'engage pour signer la partition de son film Ascenseur pour l'échafaud: Miles Davis reçoit le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. En 1959, il enregistre Kind of Blue, considéré comme le premier chef d'oeuvre de Miles Davis et qui demeure l'album de jazz le plus vendu au monde.
Au cours des années 60-70, il va être sensible aux nouvelles aspirations du blues, telles que le rock ou le funk, et décide d'intégrer ces genres à celui du jazz. Davis va aussi prendre le rôle de « passeur », en prenant sous son aile de futurs petits génies (Keith Jarrett et, plus tard, Marcus Miller). Au plus fort de son succès, Miles Davis quitte la scène pour des problèmes de santé. Il revient en force au début des années 80, années qui vont encore être marquées par des albums très « fusion », avec, entre autres, Tutu. Pour son dernier album, Doo-bop, Miles Davis laisse déjà entrevoir la montée du rap.