D'origine syrienne, mon père m'a donné son sang, et dans mon corps, mes veines véhiculent ce patrimoine. Ce n'est qu'à l'âge de 15 ans que ces terres se dévoilent sous mes yeux pour la toute première fois. Depuis 2002, tournages sonores au kilomètre parcouru à Damas ou ailleurs, pendant quatre de mes voyages. Février 2011, Mon grand-père paternel décède. Mars 2011, les conflits éclatent en Syrie.
Depuis, chaque jour à la radio, des correspondants de Homs ou Alep annoncent les nouvelles, explosions, combats, nombre de morts... Bilad El Cham est un documentaire sensiblement engagé avec l'intention d'être au plus proche de ce que je sais de la Syrie. Quand bien même le spectre de la distance qui d'abord a forgé le mythe et qui désormais demeure imposée, je veux être au plus juste. Je dédie ce travail à mon arrière grand-père, Qanès Bacha Al Abed, qui m'a-t-on dit, fut colombophile, un héritier des fameuses techniques de correspondances issues des Croisades au XIe siècle.