Le Belge Maurice Materlinck, qui s’est vu décerner le prix Nobel de littérature en 1911, est entré dans l’histoire de la musique en tant qu’auteur de Pelléas et Mélisande, une pièce de théâtre symbolique qui a inspiré plusieurs compositeurs. La première de l’opéra du même nom de Claude Debussy a eu lieu en 1902, alors qu’Arnold Schönberg a présenté son poème symphonique en 1903 et que Jean Sibelius a composé une suite pour orchestre en 1905. C’est cependant à Gabriel Fauré que l’on doit la première œuvre de cette illustre série. En 1898 déjà, le français avait reçu le mandat de composer une musique de scène pour la première de la pièce présentée à Londres. N’ayant que six semaines à disposition, il a repris des éléments de certaines œuvres inachevées et a confié une partie de l’orchestration à son élève, Charles Koechlin. Comme il était d’usage, Gabriel Fauré a plus tard extrait de cette musique de
Dans le prélude, des couleurs sombres soulignent le caractère introverti de Mélisande et, à la fin de cette partie, un cor annonce l’arrivée de son époux. Suivent une scène nommée Fileuse ainsi qu’une Sicilienne, dont la tonalité en sol mineur renvoie à l’amour impossible entre Pelléas et Mélisande. Cette Sicilienne fait partie des pièces les plus connues de Gabriel Fauré, alors que, à l’origine, elle figurait dans une musique de scène plus ancienne. L’œuvre se termine par La Mort de Mélisande, poignante et toute en retenue, qui a également été interprétée lors de la mort du compositeur.