J'ai écrit la plus grande partie de Immobilized Motions lors de mon voyage au Pérou en décembre 2017. Le matériel sonore de la pièce est tiré d'un autre quatuor à cordes que j'ai écrit précédemment. Dans celui-ci, je cherche à créer un paradoxe entre mobilité et immobilité. La forme de la pièce est un ABCA' rigide. En immobilisant ainsi la structure, la musique, malgré son mouvement intrinsèque incessant, devient immobile et discrète d'un certain point de vue. Il en résulte un contraste entre sa surface vigoureuse et son essence insignifiante, ce
qui me rappelle une problématique sociale souvent rencontrée dans le langage. Je pense que tout le monde a déjà vécu ce genre d'expériences avec des politiciens, des entrepreneurs, des professeurs, des artistes ou autres qui peuvent parler longtemps, en utilisant différentes manières de s'exprimer, mais qui au final ne disent pas grand chose de concret. D'un côté, cette pièce fait preuve d'une écriture savante et est d'un point de vue sonore pleine de mouvements; de l'autre, elle est destinée à conduire les auditeurs pratiquement nulle part et à rester immobilisée.
Traduit de l'anglais par Rémy Walter