Surrogate Cities est une tentative d'approche du phénomène de la ville de divers côtés, pour raconter l'histoire des villes, s'exposer à elles, les observer; c'est un matériau autour des métropoles accumulé au cours du temps. Le travail est inspiré en partie par des textes, mais aussi par des dessins, des structures et des sons. La juxtaposition de l'orchestre et de l'échantillonneur de sons joue un rôle considérable, en raison de la capacité de stockage des sons et des bruits de ce dernier, d'habitude étranger aux sonorités d'un orchestre. Les associations créent une image de la ville moderne, certes un peu contradictoire mais au final très positive. Mon intention n'était pas de produire un plan rapproché, mais d'essayer de lire la ville comme un texte, puis de tirer quelque chose de son mécanisme et de son architecture dans ma musique. Quand on parle du pouvoir dynamique d'une ville, l'individualité est toujours la partie la plus vulnérable. L'art se révolte contre cette structure accablante en renforçant l'élément subjectif. La musique aussi, est composée d'une perspective hautement subjective, pour des compositeurs qui justifie habituellement leurs textes en disant qu'ils «doivent sortir du système». Ce n'est que partiellement vrai pour moi. J'essaye de prendre un peu plus de distance: Je construit quelque chose qui se confronte à l'audience, puis le public réagit à cela, découvrant dans la musique un espace dans lequel ils peut entrer totalement avec ses associations d'idées.