J'ai souvent le sentiment que ce qui nous marque à l'adolescence nous imprègne à jamais. La mienne s'est passée justement en plein milieu des années 70. Certes il y a eu le rock, le rock progressif, le jazz-rock, plus tard le jazz et le free jazz, … mais j'ai aussi découvert dans ces années-là Ravel, Debussy, Bartók, Stravinsky….
Depuis, il y a eu évidemment la découverte de beaucoup d'autres mondes sonores qui ont laissé leurs empreintes de manière déterminante; les musiques orientales, puis certains compositeurs de la fin du 20e siècle et plus tard les musiques improvisées et expérimentales.
De toutes ces années de premières influences musicales, il me reste une couleur, un son particulier qui transparaît parfois d'une manière ou d'une autre dans ce que je fais, même si consciemment j'en suis à des lieues.
Il n'est donc pas question de mémoire ni de souvenirs nostalgiques, mais bien de réminiscences, de quelque chose qui s'invite de lui-même.
Phobies, pièce écrite en 2009, illustre bien ces impressions de réminiscences. Initialement composée à partir d'un texte en forme de boutade répertoriant toutes les sortes de peurs, d'où le titre, cette pièce donnée ici sans le texte est un scénario sonore fait de gestes et de textures sonores qui pourraient être empruntés aux musiques expérimentales avec quelques incursions dans les domaines du jazz et des musiques contemporaines. Elle est écrite de manière à laisser une grande place à l'interprétation.